samedi 2 novembre 2019

Vers plus de mises à jour ...

Cela fait plusieurs années que ce blog n'a plus vu aucune mise à jour sur ses pages, la vie professionnelle et familiale concentrant beaucoup de mon temps libre.
En ce début d'année universitaire je vous proposerai quelques articles dont j'ai déjà quelques idées en tête.
Mais surtout, afin de me mettre également à jour sur des préoccupations étudiantes à la sauce 2019, je vous serai reconnaissant de m'indiquer en commentaire vos propres questions ou besoins de conseils. Une réponse personnalisée arrivera rapidement.
A très bientôt.

mercredi 5 novembre 2014

Pourquoi psychologue ? Pourquoi clinicien ?

Le psychologue ne laisse pas son monde indifférent. Suscitant la curiosité, des fantasmes ou même  des craintes, ce métier fait toujours autant d'intéressés et suscite de nombreuses vocations parmi la masse estudiantine. Chaque année, vous êtes plusieurs milliers à vous inscrire dans le cursus psycho et pour la plupart d'entre vous ce premier pas dans l'univers du psychisme humain et le début d'une aventure vers l'inconnu. Attiré par "le mystère qui se cache derrière...", par "un métier socialement reconnu", ou peut-être "une voie de réponse à ses propres questions", l'étudiant L1 est généralement loin de la réalité du métier de psychologue. Quelques éclaircissements ....

La psychologie est une discipline atypique car son objet d'étude est celui-même qui tente de l'étudier. Elle est récente, elle est contredite, contradictoire, elle est méconnue, elle est puissante et parfois pervertie. En somme, elle est extrêmement complexe et multiple. Bon, commençons.

Le psychologue est spécialisé
Du fait de sa formation universitaire : les années de Licence abordent la discipline en général, balayant rapidement son histoire, ses différents domaines d'application ainsi que les autres disciplines plus ou moins liées. Le Master lui, qui sacre le professionnel, force l'étudiant à se restreindre à une partie des possibles de la psychologie : soit une partie de la population, soit une problématique particulière, soit une orientation théorique, etc. C'est la spécialisation. Les cours qui suivront feront donc l'impasse sur biens d'autres points de connaissance majeurs de la psychologie, la grande partie d'entre eux ne seront pas approfondis voire seront dénigrés ou déniés tout bonnement par les programmes d'enseignement. Ainsi, tous les psychologues ne se ressemblent pas, ils n'ont pas les mêmes connaissances, peuvent se contredire, parfois intelligemment, parfois violemment. Pour autant, au-delà de ces différences existe une identité professionnelle en constante évolution mais malgré tout fragile.

Du fait de ses propres peurs : Il est rare de rencontrer des psychologues s'intéressant à d'autres orientations théoriques ou d'autres champs d'application que ceux qu'ils ont pu suivre pendant leurs années de Master/DESS/DEA. Quasi religieusement, sans se poser trop de questions (on s'en pose déjà bien assez n'est-il pas ?), la plupart emprunte le chemin que leur faculté leur a tracé. Pourtant, tout psycho a pris connaissance que la psychologie ne peut aujourd'hui expliquer le monde du psychisme, qu'elle ne peut être qu'un point de vue actuel, partiel et critiquable de ce qu'est le psychisme. Si si, je vous assure cela sans mal !
Alors qu'est-ce qui peut expliquer cet étroitesse théorico-pratique, ou endoctrinement ?
- Une overdose de complexité : après tant d'études c'est bon j'en sais assez, et je peux considérer que c'est suffisant pour me dire psychologue aux yeux des autres. Ce que l'université valide d'ailleurs par le diplôme.
- La "croyance" d'avoir trouvé en la psychologie une "vérité". Une vérité face à ses propres questions narcissiques/identitaires, ou en renfort d'une forte religiosité refoulée. Note : ce côté obscur et sacré dans la discipline mériterait un article en soi.
- L'impression qu'il faille dire qu'on sait tout ce qu'il y a à savoir pour être reconnu par la société comme un professionnel légitime et respectable.

Du fait des attentes sociétales : Qui de l’œuf ou de la poule ?
Est-ce parce que la formation initiale "pond" officiellement des psychologues spécialisés que la société/les employeurs les attendent sous cette forme ? Ou est-ce la société qui n'a pas besoin de psychologues non spécialisés (ou spécialisé sur tout) ?

Si tout cela vous apparait encore abstrait, voici un sujet à vous mettre sous la dent :

C'était l'histoire du grand "Psychologue Clinicien"...

Le psychologue clinicien est un psychologue particulier, c'est LE vrai psychologue ! Parce que les autres, vous savez, ceux en entreprise ou dans l'éducation, c'est pas pareil...
Le clinicien, lui, sait écouter et comprendre la souffrance de l'autre, il sait même le guérir dit-on.

Vous aurez repéré mon petit ton ironique. Autant d'ironie que de désespoir car ce label auto-proclamé de "clinicien" est dommageable pour notre métier sur plusieurs points. 

- Il est abusif : tout psychologue possédant son Master 2/DESS/DEA est un psychologue formé à la clinique psychologique. S'il ne l'était pas, ce ne serait pas un psychologue. La clinique, dans son acception pure, est notre cœur de métier et particularise la démarche et l'éthique du psychologue. Cependant la pratique clinique dite "psychopathologique", dépend du secteur d'emploi et des missions conférées par l'employeur à son salarié ; Mais en théorie, tout psychologue diplômé serait en mesure de se former efficacement dans ce domaine particulier par ses propres moyens, même si son Master 2 incluait une autre spécialisation. De plus, et surtout, un Master "clinique psychopathologique" n'est absolument pas suffisant pour former de manière solide et exhaustive un professionnel efficace et "prêt à l'emploi" dans le domaine de la clinique psychopathologique. Tout psychologue sortant de Master 2 a besoin de plusieurs années sur le terrain pour devenir opérationnel sur ses premiers postes. 

- Elle combat l'unité de la psychologie en France : Encore aujourd'hui il est facile d'entendre sur les tribunes des amphithéâtres ou dans les arcanes de Pôle Emploi que les psychologues se disant "cliniciens" auront de meilleures perspectives d'embauche. C'est probablement vrai du fait des représentations de l'employeur lambda qui n'a qu'une connaissance partielle de la formation de psychologue. Mais cela crée une formation en psychologie à deux vitesses et une inégalité des chances entre les pros abusive (c.f point ci-dessus). 

- Elle sert de réceptacle glorieux aux égos de  nombreux pros frustrés narcissiques

Illustration
Petite recherche sur Google avec comme mot-clés "offre d'emploi psychologue clinicien", et l'on trouve cette annonce parmi beaucoup d'autres du même acabit :
UN PSYCHOLOGUE CLINICIEN (H/F) en CDD mi-temps (17 h 46')
Pour son service UEROS (Unité d'Evaluation de Réentraînement et d'Orientation Socio-professionnelle),
[...]


Missions et Compétences attendues :
Savoir évaluer, établir un bilan clinique spécifique, concevoir et conduire un projet de prise en charge, assurer la traçabilité de ses actes (dossiers patients, compte-rendu de bilan,...),
Savoir identifier, analyser, prioriser et synthétiser les informations relevant de son domaine d'activité professionnelle,
Savoir organiser et coordonner des activités pour la prise en charge des patients,
Savoir communiquer sur sa prise en charge et savoir appliquer les décisions en concertation avec l'équipe pluridisciplinaire,
Faire preuve de respect, de patience, d'écoute et de pédagogie (information, conseil) dans l'accompagnement des patients et de leur famille,
Avoir une capacité d organisation,  de gestion des priorités et des situations d'urgence,
Avoir le goût du travail en équipe pluridisciplinaire, faculté d'initiative et d'autonomie permettant de s'inscrire dans une démarche d'amélioration des pratiques professionnelles et de mise en place de la démarche qualité.
[...]

Diplôme et expérience requis : 
· Diplôme d'Etat de Psychologue Clinicien
· Expérience : expérimenté ou débutant
· La connaissance du public cérébro-lésé est souhaitée

 Compétences requises :
· Capacité d'organisation, de gestion des priorités et des situations d'urgence, faculté d'initiative et d'autonomie
· Avoir le goût du travail en équipe pluridisciplinaire
· Sens de l'écoute, du dialogue et de l'accompagnement des patients et de leur famille

Cette annonce décrit un poste pour lequel on demande un psychologue "clinicien" spécifiquement, comme si l'on faisait appel à un gage de qualité du professionnel lui même. Nous en revenons à cet aspect Label du terme de clinicien. Or tout diplômé d'un Master 2 psycho ferait ici l'affaire si tant est qu'il soit motivé par les missions du poste et qu'il se forme au préalable et sur site à la population des cérébro - lésés.

Conclusion
La clinique fait partie intégrante du tronc commun de notre formation et constitue l'essence de notre métier. Seulement un Master 2 n'est pas suffisant pour produire des professionnels spécialisés prêts à l'emploi comme le souhaiteraient les employeurs. Une formation sur le tas, additionnelle post-bac, ou plus globalement une formation continue sont les seuls gages d'une opérationalité d'un psychologue dans le monde du travail. La spécialisation intra Master 2 est donc un leurre pour l'employeur qui fige son exigence qualité uniquement sur cette dernière et peut arriver à penser qu'un psychologue "clinicien" serait un super psychologue ou un psychologue spécialisé en psychologie.

jeudi 3 mai 2012

Accéder au M2

Ça y est, nous y sommes enfin. Comment l'avoir ce M2 en pratique ? Pourquoi certains seront admis du premier coup et d'autres butteront chaque année face à un mur infranchissable ? Je n'ai malheureusement pas de solution mais peut-être quelques propositions utiles, issues de ma petite et fraiche expérience. Voilà un "petit" chapitre dont les maîtres mots seront préparation, opportunisme, réalisme et croisement de doigts !

Quand on est en Licence, l'admission en Master 2 nous parait bien loin. On a d'autres chats à fouetter avant de se retrouver confronté à ce problème. C'est une fois en M1 que les étudiants commencent à prendre les choses en main, mais il est souvent et malheureusement trop tard. Pour reprendre ce qui s'est dit dans les précédents chapitres de ce blog, votre candidature en M2 doit être l'aboutissement d'une construction de projet s'inscrivant dans la cohérence, la durée et intégrant les principaux éléments conjoncturels.

En Licence, depuis la première année de psychologie, l'université vous informe des modalités de réussite aux examens universitaires de contrôle de connaissance (cf. guide de l'étudiant), vous savez donc pourquoi vous pouvez échouer ou réussir vos partiels. En revanche, à la fin de votre M1, les règles ne vous sont plus exposées, on vous demande tout simplement de postuler à un M2 sans aucune remarque particulière, à part peut-être "c'est sélectif donc multipliez vos candidatures". En gros, foncez ! Mais où et comment rien n'est moins sûr...
Les étudiants plus pessimistes chercheront quelques informations via internet ou leur entourage pour augmenter leurs chances de réussite ; les plus optimistes feront simplement leur petite démarche administrative : écrire deux pages et remplir un dossier, sans trop s'inquiéter.

Vous l'avez compris, avoir réussi haut la main tous vos partiels ne vous assurera pas, en vue du M2, votre place au niveau supérieur.

La constitution de votre candidature devrait selon moi prendre en compte plusieurs choses (en plus des pièces demandées) :
  • La connaissance de vos lacunes
  • La connaissance des particularités et spécificités de l'université à laquelle vous postulez
  • La prise en compte d'avis d'anciens étudiants du M2 désiré
  • Une mise en forme attrayante
  • Et, cerise sur le gâteau, un contact personnel avec au moins un des enseignants du Master en question.
  1. Concernant vos lacunes : Il faut apporter la réponse à vos points faibles avant d'attendre une réponse négative des recruteurs. Oui, c'est souvent le cas pour chacun d'entre nous, fermer les yeux sur nos "imperformances" est toujours le plus confortable pour notre ego.En candidature sur dossier (première étape du processus de recrutement), il n'y a pas d'échange mais juste une bille à faire entrer dans un trou : les professionnels ont des attentes précises, ont souvent en tête un profil-type du bon candidat, et ne vont pas sonder votre dossier à la recherche du positif. Ce positif doit être visible et prêt à consommer en quelques secondes !
    Exemples :
    Il vous manque de l'expérience pratique ? Profitez de l'année en cours pour vous inscrire en DU, pour suivre des formations et assister à des colloques / conférences, investissez vous dans du bénévolat (il y a souvent des propositions d'aide non rémunérée pour les personnes handicapées, l'aide au devoir, etc.) ou dans une association. Au manque d'expérience en psychologie vous répondez "expérience valorisable ailleurs". Cette stratégie, il ne faut pas se leurrer, ne fera pas d'un mauvais dossier un bon, mais elle vous apportera des sympathies déterminantes lorsque votre candidature sera en balance avec une autre.

    Vous n'êtes pas sûr de votre projet professionnel ? N'hésitez pas à échanger avec des pairs et des psychologues sur des forums dédiés qui pourront peut-être vous aider et vous repositionner. Il me semble qu'il n'est jamais trop tard de réinterroger son projet professionnel, même si ce dernier vous a animé pendant des années et si vous vous y êtes vu et identifié. Un projet inhabité peut faire tache dans votre candidature.

    Vous manquez d'assurance ? Je vous passe le conseil très usuel de vous inscrire à des cours de théâtre, je n'aime pas le théâtre. Les Maisons de l’Étudiant des université peuvent proposer à tout étudiant une formation au recrutement M2. Dans certaines facultés ce service est bien connu des étudiants qui n'hésitent pas à en profiter, dans d'autres ce n'est pas le cas. Généralement, la ME (ou la structure équivalente) vous propose un atelier conception de CV et lettre de motivation, et un atelier simulation d'entretien par des professionnels qualifiés et qui connaissent d'assez près la réalité des jurys M2 de votre fac. C'est gratuit, il n'y a pas de jugement, pourquoi s'en priver ?

    Vous n'avez pas le moral, vous n'êtes pas bien dans vos baskets ? (a parte : Pour ceux qui s'orientent vers le soin, je dirais que c'est un peu une évidence. Quel futur clinicien rayonne dans son for intérieur ?) Il faut absolument aller bien, ou en tous cas le montrer clairement, devant le recruteur. Soit vous pensez que vous allez pouvoir faire illusion, ça peut se tenter ; soit vous vous faites aider (travail personnel, aide de l'entourage). Quoi qu'il en soit, gardez à l'esprit qu'un candidat qui fait trop transparaitre son mal être n'est pas séduisant et se pénalise d'emblée. Les recruteurs n'ont pas à faire de la compassion et ne vont pas, encore une fois, faire des efforts pour extraire en vous vos valeurs cachées.

  2.  Les spécificités de l'université : Comme déjà dit précédemment, toutes les universités ne se ressemblent pas. Les informations facilement accessibles pour "orienter" votre candidature sont :
    • le nombre de places ouvertes pour la prochaine promotion M2
    • l'orientation théorique majoritaire des enseignements
    • le nom du responsable de Master et son profil professionnel
    • le programme annuel des enseignements et les thèmes associés.
    Ces infos sont disponibles via internet (mail au responsable ou site de la composante de l'université). De surcroit, il existe d'autres données plus cachées : inscrivez-vous sur le forum étudiant de l'université à laquelle vous postulez - ou le forum de la F.F.P.P. - et recherchez des membres de la dernière promo M2 de votre discipline. Ces derniers pourront vous indiquer :
    • si les candidats retenus sont majoritairement locaux ou nationaux
    • leurs expériences de stage
    • ce qui a joué en leur faveur lors des jurys
    • les pièges à éviter
    • la personnalité des professeurs qui pourraient être en jury cette année
    • la politique du département de psychologie concernant la recherche des stages (faut-il en trouver avant même d'envoyer le dossier de candidature ? Si non, le fait d'avoir une promesse de stage peut-il être un avantage de poids ?)

  3. La mise en forme compte : L'apparence peut valoriser votre candidature, mais cela reste un détail malgré tout. Ce sont surtout la rédaction de votre lettre de motivation (fautes d'orthographes rédhibitoires, style clair et concis) et la conception de votre CV (originalité, esthétisme, clarté et cohérence)  qui doivent être soignés. A travers cela, on pourra interpréter plus ou moins justement, plus ou moins volontairement, votre maturité et votre équilibre personnel. Donc, même si le temps vous est compté et que les candidatures dossier sont des tâches répétitives et pénibles, réservez quelques heures à cet aspect.

  4. Avoir un contact personnel : Nombreuses personnalités dans les hautes sphères de la psychologie universitaire préfèrent recruter une personne connue plutôt qu'un total inconnu, à compétences équivalentes sur le papier. A savoir pourquoi, j'y vois la prolongation du système de réseau déjà tellement présent et installé dans le monde professionnel ; j'y vois aussi l'envie des membres du jury de constituer une promotion a minima agréable pour eux (ils vont se fader la présence et la personnalité de leurs "élus" pendant un an ! Autant alléger les longues heures de travail à venir des éléments potentiellement désagréables).

  5. Bonus ! : C'est le point sur lequel je pourrais me faire taper sur les doigts, mais c'est véridique. Pour quelques uns des enseignants-recruteurs, et cela me dérange énormément, la présentation des candidat(e)s lors de l'oral peut faire (plus que) pencher la balance. Je ne m'étalerai pas sur l'importance de l'esthétisme du candidat, il ne devrait pas en être question, mais faites attention ! Mesdemoiselles, par sécurité, sortez la jupe et les talons ; Messieurs,la chemise est vivement conseillée (bien qu'il y ait généralement moins de recruteur femme).

(Petite parenthèse personnelle)

Après un laps de temps de non activité sur le blog, j'y reviens aujourd'hui avec une nouvelle dynamique. 
Ayant enfin trouvé mon premier emploi après plusieurs mois de recherche, mon regard sur la formation de psychologue en a été quelque peu enrichie : plusieurs messages qui seront postés prochainement aborderont la question de l'insertion des psychologues dans le milieu de l'emploi. J'y exposerai ma progression, mes techniques, mes ratés, et les pièges dans lesquels j'ai pu tomber. 
Ce blog étant principalement à destination des étudiants et basé sur la formation universitaire, je tenterai de faire le plus possible de liens entre l'insertion pro, les choix estudiantins dès la Licence, et la construction de son projet professionnel. Tous trois conditionneront la possibilité de décrocher un jour un premier emploi de psychologue. A suivre donc...

mardi 31 janvier 2012

Guerres de chapelles : 2. Affrontements

Suite du dossier. Passons par la petite porte et entrons dans les coulisses de l'université. Les temps étaient cléments mais aujourd'hui le ciel s'obscurcit et la guerre pointe le bout de son nez...

Affrontements

Université Charles de Gaulle à Lille 3, Licence 2 et 3 (ex Deug 2 et Licence)

L'année de L2 s'est avérée pour moi très malmenante. Elle n'en a pas moins été extrêmement enrichissante. Alors que je débute l'écriture de ce chapitre, je me dis que ce sera dur de décrire ma L2 et de retranscrire ce qu'elle m'a apporté à ma réflexion.

Grâce au très récent (à l'époque) système LMD, effectuer un parcours de psychologie dans différentes universités ne pose en théorie plus d’inconvénients majeurs. Les grandes lignes du programme sont communes à toutes les facultés. Après avoir validé mon parcours via plusieurs universités françaises, je soutiens que c'est possible en effet. Et j'invite même tout étudiant à ne pas réaliser son cursus dans une seule et même université : en réalité, chaque département de psychologie possède encore sa propre "version" du programme et sa propre façon d'enseigner la discipline. Donc, si vous souhaitez obtenir une connaissance des plus objectives de la psychologie, il vous faut accéder à un maximum de versions possible et aller chercher ailleurs de nouvelles clés de compréhension et d'appréhension.

A Tours, j'avais réussi à protéger ma rigolote équation psychologue=Freud, équivalent à psychologie=psychanalyse. Cette représentation de la psychologie était issue de ma découverte avec l'étude du psychisme telle qu'exposée dans "Métapsychologie", premier bouquin à consonance psychologique à se retrouver par hasard dans mes mains. A Lille, bastion des théories cognitivo-comportementales, de la neurospychologie et de l'analyse comportementale appliquée, mes représentations naïves allaient subir le feu de la réalité. 

Dès les premiers jours je m'aperçois que le programme est teinté : très peu de psychanalyse et beaucoup de matières revendiquant leur "objectivité scientifique". Oui à Lille 3, à cette époque, les enseignants-chercheurs revendiquent, critiquent, jugent aisément. Le climat est tendu, les étudiants semblent être mis en joue : moi, comme d'autres qui viennent d'ailleurs, comprenons tout de suite qu'il ne faut pas tergiverser sur le cours enseigné et qu'il faut écouter sans discuter. La première semaine à Lille, lors d'un cours de psychologie cognitive, le prof nous lance un pamphlet sur la psychanalyse. Je suis un peu irrité mais n'ose ouvrir la bouche devant un homme très énervé et sérieusement résolu. Des camarades s'y essaient et se font casser brusquement. L'homme en sait beaucoup manifestement. Une fois le cours terminé, un camarade tente d'entrer en débat avec lui et je suis les deux dans les couloirs. Le ton monte, et le prof nous dit : "Ce n'est pas la peine de continuer là-dessus et en plus je ne suis pas spécialiste de la cognitive, moi je suis comportementaliste ! Maintenant laissez moi s'il vous plait je vais déjeuner". Autre expérience : lors d'un cours en amphi, un psychologue psychanalyste (j'en ai vu peu) décrit le cas du petit Hans à l'auditoire, il est tendu et fait un effort manifeste de simplification. Après quelques minutes, j'entends des sifflets et des rires à peine dissimulés derrière moi. La sexualité telle que décrite par Freud ne plait pas, et la salle se déconnecte du cours. A la pause, deux étudiants échangent avec le prof mais près de la moitié de l'amphi ne reviendra pas pour la fin du cours. La psychanalyse n'est pas la bienvenue ici et je découvre avec étonnement qu'elle est critiquable, critiquée et l'objet de sarcasmes.

L'affrontement commence. Parmi une flopée d'infidèles, j'essaie de rallier à ma cause des camarades étudiants a priori psycha-compatibles. Sans surprises, mes nouveaux camarades sont ceux issus d'une autre université. A chaque intercours, ma petite troupe se réunit autour d'un café et se lance dans d'ambitieux débats sur pour ou contre la psychanalyse. Les échanges sont de haut niveau et nous nous considérons comme le petit village gaulois qui résiste à l'envahisseur. Mais, problème, nous ne connaissons pas bien l'"envahisseur" ! Et malgré les débats, on le sait bien au fond de nous, nous ne changerons pas d'avis sur la psychanalyse car y sommes à peu près tous favorables.

Mes deux années passées à Lille 3 ont été pour moi celles d'une réelle méta-psychologie et de l'affaiblissement progressif de mes fraiches certitudes. Les enseignements sur le comportementalisme et la cognitive étaient de qualité. D'autres façon d'envisager le mot "psychologie" sont nées en moi et tout ce qui me semblait contradictoire est apparu progressivement complémentaire. 
Reste ce climat d'éternelle critique, de fanatisme patenté et fortement regrettable, qui s'étend du corpus enseignant aux étudiants lillois qui, depuis leur L1, ne suivent qu'une seule idéologie. Je suis navré pour eux qui restent imperméables à une vision autre de la discipline.

lundi 23 janvier 2012

Liste des DU 2011-2012

Pour faire suite au précédant article sur le choix du D.U, voici une liste 2011 - 2012 des Diplômes Universitaires proposés par les différentes universités françaises enseignant la psychologie. Certains diplômes sont également proposés pour l'année 2012 - 2013. Le recensement m'ayant pris beaucoup de temps, je vous remercie de ne pas publier cette liste sans en indiquer son auteur.

Besançon
    (pro) DU Psychothérapie analytique et psychopathologies somatiques

Bordeaux 2
    (L3) DU Ergonomie : optimisation des systèmes de travail
    (L3) DU Psychogérontologie clinique et pathologique 1ère année
    (L3/M1) DU Sciences neuropsychologiques
    (M1) DU Enfance, santé et société
    (M1) DU Psychologie du sport : évaluation, prévention et promotion de la santé
    (M1) DU Psychologie interculturelle
    (M1) DU Ressources humaines et psychologie des organisations
    (M1) DU Étude interdisciplinaire de la famille
    (Titulaires du DU sciences neuropsychologiques) DUS Sciences neuropsychologiques interventions rééducatives et réadaptation du handicap cognitif

Caen
    (pro) DU Neuropsychologie clinique

Chambéry
    (pro) DU Thérapie cognitive et comportementale
    (pro) DU Thérapies comportementales et cognitives de l'enfant et de l'adolescent
    (pro) DU Thérapies comportementales et cognitives dépendances
    (pro) DU Thérapies des schémas
    (?) DU Psychologie

Dijon
    (Licence / Master) DU Coaching et performance mentale
    (M1) DU Psychopathologie du Bébé et de sa Famille
    (M1) DU Psychopathologie clinique des situations de crise (réservé aux publics d’INCOFORS)
    (M1) DU de Psychologie
    (pro) DU Soins et Accompagnement de la Personne Agée Démente
    (pro) DU Psychothérapies et psychopathologie
    (pro) DU Psychothérapie familiale (réservé aux publics d’INCOFORS)

Grenoble
    (L3) DU Université-entreprise

Lille 3
    (L3) DUI Analyse du comportement appliquée aux troubles du développement et du comportement
    (M1) DU Psychopathologie de la maladie chronique, du cancer et de la fin de vie
    (M1) DU Méthodes psychologiques en criminologie
    (pro ou M2 en cours) DU Psychothérapies et psychanalyse
    (pro) DU Thérapies émotionnelles comportementales et cognitives

Lyon 2
    (L3) D.U. Soins Psychiques, Créativité et Expression Artistique
    (M1) D.U. Alzheimerologie et Pathologies Apparentées  
    (pro) D.I.U. Adolescents difficiles
    (pro) D.I.U. Psychopathologie et prévention auprès du bébé et de sa famille
    (pro) D.I.U. Thérapie relationnelle psychogériatrique
    (pro) D.U. Analyse de la pratique
    (pro) D.U. Approche psychanalytique et groupale de la famille
    (pro) D.U. Gérontologie Sociale

Metz
    (?) DU Psychothérapie EMDR, psychotraumatologie

Paris 5
    (L3) DU Créativité: théories, méthodes, applications
    (M1) DU Développement cognitif et social du nourrisson
    (pro) DU Clinique et pratiques en pédopsychiatrie
    (pro) DU Clinique et théorie des groupes
    (pro) DU Psychologie projective
    (pro) DU Psychosomatique

Paris 7
    (L3) DU Addictions
    (L3) DU Autisme
    (L3) DU Protection de l'enfance
    (L3?) DU Don et transplantation d'organes
    (M1) DU Art et médiations thérapeutiques
    (pro) DU Approche psychanalytique groupale et familiale
    (pro) DU Approche psychanalytique du corps
    (pro) DU Approche psychanalytique du handicap
    (pro) DU Clinique de l'accompagnement
    (pro) DU Clinique transculturelle et ruptures culturelles (ouverture rentrée 2012)
    (pro) DU La prévention du risque suicidaire
    (pro) DU Psychanalyse et Médecine
    (pro) DU Psychopathologie : petite enfance, enfance, adolescence
    (pro) DU Psychopathologie et psychotraumatisme
    (pro) DU Psychothérapie institutionnelle

    Formation qualifiante Adoption
    Formation qualifiante Analyse des pratiques professionnelles
    Formation qualifiante Autisme
    Formation qualifiante Clinique des Marges
    Formation qualifiante Clinique projective psychanalytique
    Formation qualifiante Dessin d'enfant
    Formation qualifiante La psychose à l'adolescence
    Formation qualifiante Les psychoses approche théorique et clinique
    Formation qualifiante Potentialités psychotiques à l'adolescence
    Formation qualifiante Psychanalyse et cancer
    Formation qualifiante Psychose et Institution Formation qualifiante Sensibilisation à la thérapie familiale psychanalytique

Paris 10
    (M1) DU Bilan de Compétences, Validation des Acquis et Gestion de Carrière
    (pro) DU Rorschach en système intégré

Paris 13
    (?) DESU Clinique des situations et comportements limités
    (?) DU Psychiatrie transculturelle
    (?) DU Psychopathologie du bébé
    http://www.univ-paris13.fr

Poitiers
    (M1) DU Adolescents difficiles : Psychopathologie de l'adolescent, approche psychopathologique, éducative et judiciaire
    (M1) DU Pratiques avancées de bilan de compétences (PABC)
    (pro) DIU Psychiatrie criminelle et médico-légale
    (?) DIU Pratique neuropsychologique

Rouen
    (pro) DU Travail avec les familles et travail en réseau
    (pro) DU Souffrance individuelle, psychopathologie et lien social
    (pro) DU Violences sexuelles et violences conjugales
    (?) DU Autisme et troubles envahissants du développement

Strasbourg
    (M1) DU Psychopathologie en addictologie
    (pro) DU Les troubles spécifiques du langage : étiologie, sémiologie et prise en charge
    (pro) DU Prise en charge ABA des troubles du comportement chez l'enfant
    (pro) DU Prise en charge d'adolescents en difficulté

Toulouse 2
    (L3) DU Autisme et autres troubles du développement
    (L3) DU Art-thérapies
    (L3) DU Thérapies familiales
    (M1) DU De la découverte freudienne 

Tours
    (?) DU Psychopathologie à l'adolescence et chez l'adulte jeune
    (?) DU Techniques projectives

Universités ne proposant pas de DU en psychologie :

Aix-Marseille http://formations.univ-amu.fr
Angers http://www.univ-angers.fr
Amiens http://www.u-picardie.fr
Brest http://www.univ-brest.fr
Clermont-Ferrand http://wwwpsy.univ-bpclermont.fr
Dijon http://sciences-humaines.u-bourgogne.fr
Institut Catholique de Paris http://www.icp.fr
Montpellier http://formations.univ-montp3.fr
Nancy http://formations.univ-nancy2.fr
Nantes http://www.univ-nantes.fr
Nice http://unice.fr
Nîmes http://www.unimes.fr
Paris 8 http://www.univ-paris8.fr
Reims http://www.univ-reims.fr
Rennes 2 http://www.univ-rennes2.fr

Université Catholique de Lille http://www.univ-catholille.fr

jeudi 19 janvier 2012

Guerres de chapelles : 1. Au commencement

Début d'un long dossier sur le très classique combat inter - intra - approches en psychologie.
J'entends déjà dire par certains professionnels que refaire un pavé sur le sujet revient à du masochisme contreproductif, d'autres que les problèmes que je m'apprête à décrire datent d'un temps révolu, ... peu importe. Je tiens à livrer mon expérience aux étudiants actuels car quoi qu'on en dise, il n'existe pas encore de véritable débat sur la question de l'unité de la discipline au sein de l'université, encore moins dans le milieu professionnel. Plus qu'une description, j'espère inviter à la réflexion, mieux à une réflexion commune.

Au commencement

Je vais tenter d'illustrer les querelles de minarets au gré de mon parcours à l'université et de mes multiples rencontres avec les enseignants-chercheurs et les étudiants. 

Université François Rabelais à Tours, Licence 1 (ex Deug 1)

"Je veux devenir psychologue" et nous voilà assis sur les bancs de la fac, lancés dans un long parcours du combattant. Qui sait vraiment ce en quoi consiste un psychologue ou la psychologie en L1 ? Certes on en a une idée, un pressentiment, mais qu'en est-il en détail ? La première année de Licence est pour l'étudiant béotien une année de découverte fantastique. On s'y forge une première représentation de la discipline et les enseignants se chargent de nous libérer de nos préjugés, de nos considérations erronées et populaires quant à la psycho. 
C'est une année de désillusions.... car l'image d'un psychologue tout-puissant se craquèle au fil des cours, apprenant sa distinction avec le médecin, l'existence d'une science "molle" et d'une mosaïque de spécialités qui n'ont parfois que peu de choses en commun. 
Après "Le Père Noël n'existe pas", "Mon psychologue n'existe pas".

Quelle tristesse ! Il y a erreur sur marchandise ! Mais poussé par le désir d'en être malgré tout, on doit avancer et enchainer les années qui se profilent droit devant soi. Il est vrai qu'en Licence on est mal placé pour prendre du recul sur la mystérieuse psychologie, à longueur de temps abasourdis par tant de nouveautés et de révélations. On se subordonne à l'enseignement qui nous parait toujours juste et incontestable, faute d'en savoir autre chose : "Lisez tels ouvrages, regardez tel films, faites tels exercices, traitez tels thèmes, etc." Pas de temps pour fouiner ailleurs et s'apercevoir qu'en parallèle de notre déprogrammation consentie on se préparait à nous reprogrammer insidieusement et nous illusionner à nouveau. Le terme est fort, je l'assume et tout ceci concerne la plupart des départements de psychologie français. (A sa décharge, celui de l'université de Tours m'apparait peu enclin à l'idéologie fanatique que je décrirai plus loin). Donc pas le temps ni de motif pour aller ailleurs et penser autrement qu'il nous l'est demandé. Il en va de la validation de notre année et de notre avenir de psy.

L'année de L1 reste pour moi, avec un peu de recul, l'année la plus objective en ce qui concerne la discipline car le programme officiel laisse la place à la majorité des spécialités et tente, sans y parvenir, de faire des ponts entre chacune d'elles. Je me rappelle que cette première année était totalement décousue. Ainsi, après un TD de psychologie cognitive, j'enchainais avec un CM de biologie puis un cours optionnel sur l'épistémologie des textes de Freud. Trois cours pour trois méthodologies et conceptions différentes voire antinomiques. Mais bon on se dit que c'est normal, ou plutôt on en dit rien du tout, on suit le mouvement. 

L'année s'écoule paisiblement et très rapidement. Ma seule inquiétude, comme celle de mes collègues, était celle de passer les deux séries de partiels, si redoutables et à juste titre car seul un tiers de la promotion s'en acquittera au bout du compte. 
Les examens passés et les relevés de notes en main, j'envoie un sms à ma famille et à mes amis pour leur crier ma réussite. Mais au-delà de cette belle victoire, à la fin de la L1 en sait-on vraiment plus sur la psychologie ? Pour mon cas, j'en savais bien moins, doucement inquiété d'un tas de nouvelles questions. Encore des questions, moi qui attendais des réponses à celles que je trainais en bagage depuis des années.

vendredi 13 janvier 2012

J'ai pas eu de M2 : Episode 4. D.U or not D.U ?

Revenons sur les suites de la non admission en M2. Une année vide s'offre à vous et il faut la combler rapidement. Entre autres solutions, l'inscription en Diplôme d'université est un moyen souvent choisi par les étudiants pour valoriser leur prochaine candidature aux jurys d'admission M2 l'année suivante.

Qu'est-ce qu'un Diplôme Universitaire (DU, dit "Dé-U") ? Disons que c'est un diplôme proposé en marge du cursus Licence-Master-Doctorat dont les modalités d'admission, de niveau, de durée, d'examen, sont variables selon les facultés qui le proposent. En effet, tout DU ne se ressemble pas. Il est initié et créé par la faculté qui le dispense, et de ce fait il est directement lié à ses spécialités et spécificités théoriques et pédagogiques.

Par exemple, l'université de Bordeaux 2 possède cette année près d'une dizaine de DU relatifs à la psychologie.
  • DU psychologie du sport : évaluation, prévention et promotion de la santé
  • DU sciences neuropsychologiques
  • DU enfance, santé et société
  • DU ressources humaines et psychologie des organisations
  • DU psychogérontologie clinique et pathologique 1ère année
  • DU psychologie interculturelle 
  • DUS sciences neuropsychologiques interventions rééducatives et réadaptation du handicap cognitif
  • DU étude interdisciplinaire de la famille
  • DU ergonomie : optimisation des systèmes de travail
Des axes principaux ressortent de ces DU (santé, handicap, famille, etc.) et correspondent le plus souvent aux axes de recherche menés par les laboratoires de psychologie de cette université. Vous avez un large choix sur la France entière : ne comptez pas les kilomètres et optez non pas pour le DU le plus proche mais pour celui le plus en cohérence avec votre projet professionnel. Il en va de la réussite de ce projet professionnel.

Avantages et inconvénients
* Obtenir une formation spécialisée, orientée sur l'application professionnelle et validée par un diplôme valorisable sur le marché de l'emploi.
* Souvent ouvert à des professionnels et étudiants de différentes disciplines, ce qui apporte un esprit d'ouverture non négligeable pour l'avenir professionnel et le travail en équipe.
* Au contraire d'une année de Master, il est dispensé sur un plus petit nombre de jours, par exemple sur 1, 2 ou 3 jours regroupés dans le mois ou deux fois par semaine. Ceci permet d'effectuer d'autres activités en parallèle : job alimentaire, bénévolat, associatif, etc.
* Permet de ne pas perdre son activité de réflexion et de rester dans le "bain"
* Permet de réaliser des stages pour compléter votre formation
* Montre aux prochains recruteurs la motivation de l'étudiant à avancer et sa capacité d'auto-formation

Mais il a aussi un coût non négligeable. Le montant d'inscription est très variable selon les spécialités et les universités. Il est souvent question d'une plusieurs centaines d'euros. A vérifier, mais le DU ne permet pas à l'étudiant de percevoir une bourse sur critères sociaux car il n'entre pas dans le cadre de son cursus initial LMD. En plus de cela, si le choix du DU est sérieux, l'étudiant sera probablement amené à effectuer des déplacements réguliers en voiture ou en train, prévoir aussi un hébergement.

Cette formation peut se dérouler sur une année civile, il commence en janvier et sa validation se fait habituellement en fin d'année, en décembre, sous forme de partiels. Prévoyez dans ce cas, un chevauchement probable  premier semestre M2 / fin d'année DU.

L'hébergement
Personnellement j'ai opté pour l'auberge de jeunesse, une solution très économique et souple, peu confortable il est vrai mais c'est tolérable car les séjours sont courts. Par exemple, je payais 11 euros la nuit avec le petit déjeuner inclus. La fréquentation et le remplissage des auberges de jeunesse augmente souvent en fonction des périodes de vacances et de tourisme étranger : réserver en avance.
Il existe d'autres solutions : hébergement chez la famille / un(e) ami(e), location à la semaine ou hôtel.

Le transport
Prévoyez bien le coût du transport dans votre budget avant de choisir votre DU. Il peut être très important (certains de mes anciens collègues devaient même prendre l'avion). Conseils bateaux : carte de fidélité SNCF, covoiturage.

La charge de travail
Je n'ai pas assez de recul pour parler de ce qu'il en est pour tous les DU. Selon mon expérience, la seule charge de travail que j'ai du assurer en plus des cours était la rédaction d'un rapport de stage et d'un mémoire en fin d'année.

Les stages
Nous l'avons dit, un des principaux intérêts de cette formation est le droit accordé à la réalisation de stages conventionnés de niveau Master. Profitez-en ! Multipliez autant que possible vos stages, capitalisez pour l'avenir. Bien sûr, les difficultés pour trouver une institution d'accueil sont toujours là. Si possible, n'acceptez pas les stages d'observation, qui n'ont plus de sens au niveau Master.
Le DU vous donne plusieurs jours de libre pour effectuer vos stages, c'est quand même un luxe dont les étudiants de M1 ne jouissent pas à coup sûr dans la plupart des universités.

Donc le diplôme d'université, malgré ses quelques inconvénients, est une bonne solution pour qui bénéficie d'une année de libre et désire ajouter une plus-value à son CV en vue de futures candidatures.

Lien : Liste des DU 2011-2012

lundi 2 janvier 2012

Aux étudiants de Licence : Choisir son Master

Étudiants de troisième année, vous avez le diplôme de Licence en point de mire. Félicitations, vous avez surmonté de nombreuses difficultés et les dernières sessions de partiels vous attendent. Mais voilà déjà la question de l'après-L3 qui se pose... quel Master choisir pour la suite des études ? Est-ce un choix déterminant ? Quels en sont les enjeux ? Quoi qu'il puisse en paraître pour certains, les réponses sont loin d'être évidentes.

Modalités d'inscription
Tout d'abord, comment cela fonctionne en France ? A chaque semestre validé vous obtenez 30 crédits (vous retrouverez le détail des crédits dans la colonne E.C.T.S de vos relevés de notes) (ce système de crédits permet le calcul d'équivalences entre les différents diplômes européens). Comme une Licence de trois ans compte 6 semestres, vous devez totaliser au minimum 180 crédits pour valider votre diplôme et pour obtenir le droit de vous inscrire à un Master (2 ans). Pour la grande majorité des cas, l'inscription en première année de Master se fait sans sélection donc vous avez l'opportunité de faire votre choix parmi presque tous les Master proposés en France (en Europe ce n'est pas toujours vrai). 

Qu'est-ce qu'un Master ?
Si les années de Licence se suivent et se ressemblent, il en va autrement pour les années de Master. C'est un point que j'ai déjà abordé auparavant sur ce blog : en Licence, le but principal est d’emmagasiner et de restituer les connaissances de base de la psychologie, de découvrir la recherche scientifique (T.E) et parfois le terrain (stage L3). Ce sont votre mémoire, votre méthodologie de travail et votre persévérance qui sont particulièrement sollicitées.
Le but du Master est de vous impliquer dans une spécialisation de la discipline et de vous mettre au contact de la réalité du monde professionnel. Ce n'est jamais dit comme tel mais les acquis de la Licence n'ont aucune traduction en termes professionnels, ils ne vous préparent pas à devenir psychologue, ils sont pour autant indispensables, pré requis indéniable pour la suite de la formation et capital d'ouverture théorique et pratique du psychologue. On peut imaginer l'étudiant de Licence comme celui qui va rechercher et stocker un maximum de matière brute, l'étudiant de Master celui qui va lui donner une forme, la sculpter à son goût, et le psychologue celui qui va insérer cette œuvre dans le décor et la "vendre" aux amateurs.

Faire son choix
Même si la facilité d'accès et la variété des Master 1 permettent à l'étudiant L3 de faire son choix sans trop de pression, cela ne doit pas se faire de manière hâtive et non réfléchie. Prenez garde : dès votre L3 achevée tous vos choix et résultats vous suivront à la trace, et ce jusqu'à la fin de votre carrière de psychologue.
Il existe de nombreux critères pour faire sa sélection : population (enfant, ado, adulte, âgé, famille, groupe, institution, société, culture, ...), affection / pathologie (addictologie, psychosomatique, psychiatrie, état d'urgence, traumas, ...), école théorique (comportementaliste, systémique, psychodynamique, gestaltiste, intégrative, cognitiviste, ...), proximité géographique du lieu de résidence (actuel ou rêvé), réputation de la faculté, difficulté, ou même aussi, à terme, perspectives en ce qui concerne l'insertion professionnelle (spécialités recherchées et/ou à la mode, opportunisme). Il est bien évident que, pour faire un choix des plus éclairés, vous devez déposer un maximum de ces critères dans la balance. Où vont vos préférences ?
Malheureusement, sur ce point, trop souvent les étudiants en psychologie ne se posent pas assez de questions (pour une fois) et ne pensent qu'à la proximité géographique : grave erreur ! La majorité des étudiants que j'ai rencontrés ont suivi leur formation Licence + M1 dans la faculté de leur ville ou de leur département de résidence. Solution de facilité peut-être, de confort aussi, mais méconnaissance de la discipline surtout. Chaque faculté propose des M1 bien spécifiques et qui ne représentent qu'une infime portion de ce que représente la psychologie et des domaines qu'elle touche dans le monde ; ce n'est pas parce que votre faculté vous propose des Master "gérontologie - psychanalyse" que vous devez faire de la gérontologie et suivre le modèle psychanalytique en référence ! Autant en Licence vous devez vous conformer au modèle qu'on vous inculque (je suis personnellement contre mais c'est comme ça), autant en vue du M1 vous DEVEZ faire un choix qui VOUS correspond personnellement et professionnellement.

Les conséquences d'un mauvais choix
Nombre de parcours universitaires en psychologie sont condamnés bêtement à cause d'une mauvaise orientation, ou non-orientation plutôt, en L3 : l'étudiant prend le M1 que sa fac lui propose, il va alors être "tatoué" officieusement par sa spécialité. S'il s'aperçoit lors de son stage conventionné ou lors de ses cours qu'il "ne se voit pas faire ça toute sa vie", il va alors chercher un M2 dans une autre université et qui cette fois lui correspond. Conséquences :
1/ Certains M2, peu il est vrai, nécessitent le M1 de la même spécialité. Et vous perdrez un an pour rien à refaire votre M1.
2/ Même si ce n'est pas le cas, sachez que la grande majorité* des jurys d'admission M2 privilégient les étudiants de leur cru en défaveur des étudiants d'autres universités ou d'autres régions : vous diminuerez nettement vos chances d'être admis à un M2, voire votre chance de devenir psy un jour.
3/ C'est extrêmement contestable mais beaucoup de jurys de M2 voient d'un meilleur œil un parcours universitaire linéaire plutôt qu'un parcours atypique : il vous faudra justifier devant eux ce stigmate, et ce n'est pas toujours facile ni agréable.

Bref, votre choix de Master n'est pas à prendre à la légère. La spécialité qui vous correspond vraiment, vous ne le savez peut-être pas encore, est très probablement dispensée dans une autre université que celle dans laquelle vous allez valider votre Licence et il vous est fortement conseillé de suivre le Master 1 correspondant à cette même spécialité. Suivant ce conseil vous aurez selon moi plus de chances de terminer votre cursus. Cependant, vous aurez remarqué qu'il existe des particularités de fonctionnement dans chaque fac : il n'est pas fortuit de se renseigner auprès des différents responsables de Master avant de faire votre choix définitif. En plus ils sont très faciles à contacter via leur adresse courriel.

* Ex. La section clinique de l'université d'Angers défavorise ses propres étudiants de M1 au profit des candidats extérieurs, mais cette politique de sélection est toujours marginale de nos jours.

Note :
Suite à un commentaire pertinent, je rajoute ce lien de l'AEPU qui vous permettra de trouver une liste des Masters 2 en Psychologie : http://www.aepu.fr/index.php?option=com_content&view=category&id=11&Itemid=51
Le choix de votre Master 1 doit bien évidemment être en cohérence avec celui du Master 2 

Note 2019 :
Le dernier document disponible en ligne qui répertorie les Master 2 psychologie en France est à suivre ici : https://aepu.fr/index.php/telechargements/send/9-panorama-des-masters-de-psychologie/448-panorama-des-masters-2-de-psychologie-2018
Il a été rédigé par deux universitaires.

vendredi 25 novembre 2011

J'ai pas eu de M2 : Episode 3. Etre en phase avec son projet pro

Pour votre cas, le choix du DU est très important et doit être fait une fois votre projet professionnel établi et verrouillé. Selon moi, une fois votre orientation prise, vous la défendrez bec et ongles jusqu'à votre première prise de fonction en tant que psychologue. Lors du jury de M2 on vous attendra au tournant sur la cohérence de votre parcours effectué, et par prolongement sur la cohérence de votre projet professionnel.

En préambule, les premières questions à se poser :

Ce que je veuxPourquoi ?Pour quoi ?Ce que je ne veux pasPourquoi ?
Quelle(s) population(s) ?...............
Quel(s) secteur(s) d'intervention ?...............
Quelle(s) orientation(s) théorique(s) ?...............

Un projet professionnel :
  1. Est professionnel ET personnel. 
  2. Est de qualité s'il est cohérent
  3. Est construit en connaissance du contexte professionnel
  4. Doit pouvoir être défendu par une argumentation pertinente
  5. Est en constante évolution
Et vous dans l'histoire ?
Votre projet est une construction basée sur votre anticipation de l'avenir mais doit aussi intégrer toutes vos précédentes expériences : ce qui vous a séduit pour être amené à choisir les études de psychologie, vos stages effectués, vos jobs d'été, mais aussi les questionnements que vous avez eu et qui ne touche pas directement la psychologie. Tout étudiant en psychologie qui accède au niveau Master possède en lui une énergie qui lui est propre, et il faudrait dans l'idéal que cet étudiant la saisisse et sache la faire apparaitre dans son projet pro et ces futures candidatures de stage ou d'emploi. C'est pourquoi je pense qu'il est pertinent de faire un travail sur soi, aidé d'une analyse ou non. Et cette année qui s'offre à vous en fournit une occasion idéale ! Cette année peut être abordé comme un virage de votre vie, (non comme un tournant, = changement de direction)... excitant n'est-il pas ?!!

Dans le cas où votre parcours n'est pas cohérent à première vue ?
Celui-ci possède néanmoins un sens et dit quelque chose de vous : difficile de croire que vous vivez passivement votre vie. Au contraire vos choix et vos expériences, qu'importe lesquels, sont guidés et réalisés par une même envie, ils ont déjà contribué à la construction de votre identité de psychologue, peut-être sans que vous vous en aperceviez. Cela peut vous paraitre très abstrait comme réflexion. Cela l'a été pour moi en tous cas ! J'ai eu beaucoup de difficulté à comprendre mon propre parcours, à me l'approprier, à en être fier, à le mettre en phase avec ce qui est attendu en jury.
Vous avez la possibilité de faire un super test (enfin cela l'a été pour moi) :
Réalisez votre CV professionnel en détaillant vos stages (ce qui vous y avez fait, l'idée du stage ou son thème), vos compétences (sait passer un entretien, sait utiliser tel ou tel test, sait mener un groupe, sait écrire des compte-rendus, sait administrer des questionnaires, etc.), vos centres d'intérêt, vos qualités personnelles, vos qualités professionnelles, vos différents jobs. Demandez ensuite à votre entourage plus ou moins proche de lire ce CV, de vous le raconter et de définir à partir de celui-ci votre profil. Eh oui, bien souvent ce sont les autres qui sauront le mieux synthétiser votre parcours, qui auront un point de vue simplifié et objectif vous apportant de nouvelles clés de compréhension, sans même savoir ce qu'est la psychologie. La cohérence vous la trouverez à mesure de faire des liens, des associations, des parallèles entre chaque ligne de votre CV. Vous devez être incollable sur ce CV, vous le connaissez par cœur, rien n'a de secret pour vous.

Comme un jeu de LEGO® :
Pour donner de la force à votre projet, il vous faut aussi connaitre les problématiques actuelles de votre champ d'application ou de votre spécialité (handicap, fatigue au travail, psychose, accueil de personnes fragilisées, etc.). Cette année, vous avez beaucoup de temps de libre donc vous avez l'opportunité de vous renseigner sur la psychologie d'une autre façon que lors des cours : abonnement à des mensuels spécialisés, participation à des conférences ou colloques, rencontre et interviews de professionnels (qui apprécient souvent la démarche). Votre projet doit devenir en somme une réponse possible à un besoin du terrain, comme une pièce qui s'imbrique sur une construction préexistante ou qui relie plusieurs constructions. C'est le côté charmant de votre projet, une arme de séduction massive.

Il ne suffit pas qu'il soit bien construit, faut-il encore pouvoir le vendre !
Au jour d'aujourd'hui, je pense que la plupart des jurys M2 veulent, avant tout, avoir l'impression que le candidat sait où il met les pieds, qu'il donne l'impression d'une personne difficile à déstabiliser, et qu'il sache se vendre en face de professionnels. Oui, donner l'impression ... en somme nous sommes dans le paraitre ! Alors que nous parlions de fond voilà que je parle de forme ! La forme est très importante en jury, car elle l'est également dans le monde professionnel, notamment lors des entretiens d'embauche qui sont très sélectifs. Membres du jury, recruteurs, ont en face d'eux des candidats qui ont tous une grande valeur car ils ont à peu près le même niveau de formation, des parcours difficiles à comparer car tellement variés et tous intéressants. Ils ont de surcroit très peu de temps et d'éléments pour faire leur choix. C'est pourquoi ce choix final repose des fois sur des critères plus officieux qu'officiels : charisme, assurance, bagout, jovialité, politesse, présentation physique, etc.
Un enseignant-chercheur qui était présent dans mon jury de M2 et qui m'a sélectionné a pu confier plus tard à toute la promo M2 quelque chose comme ça : "une chose est sûre, un étudiant qui bafouille devant vous, qui a des trous de pensée, qui ne peut pas aligner deux phrases correctes, comment lui donner une chance ? Non, c'est au revoir." Là il n'est plus question de projet professionnel. Qu'en pensez-vous pour votre cas ?

Je reparlerai du projet professionnel et de ce dernier point particulier à l'abord de l'entretien d'admission.

dimanche 20 novembre 2011

J'ai pas eu de M2 : Episode 2. Chercher un stage

Vous n'avez pas eu de M2 cette année, malgré tous vos efforts et toutes vos espérances. Que faire pour vous remettre dans la course ? 

Si par rapport à la concurrence, il vous manque de l'expérience de terrain (c'est fréquent), il vous faut donc réaliser des stages en institution ou entreprise selon la spécialité recherchée. Malheureusement, un stage professionnel de niveau M1 nécessite une convention tripartite signée entre l'institution, le stagiaire et l'organisme tiers de formation. Problème : Comme vous avez déjà validé votre M1 il ne vous est donc pas possible de vous y réinscrire cette année.
  • Si je me réinscris dans une autre spécialité ça marche ... ?
    Tout dépend si vous avez modifié votre projet professionnel. Si vous pensez que le type de M2 que vous aviez visé ne vous correspond pas forcément, ou que vous trouvez dans une autre spécialité un parcours professionnel intéressant, oui pourquoi pas si ce choix n'est motivé que par dépit. Par contre, si vous maintenez ferme votre projet, le choix d'un autre Master ne sera pas forcément pertinent et aura beaucoup de chance de vous mettre des bâtons dans les roues car on vous demandera de réaliser un stage en lien direct avec la spécialité choisie et donc plus éloigné de l'esprit du M2 désiré. Enfin, si ce M1 "de seconde chance" choisi est proche de votre spécialité désirée, c'est risqué et il faut bien en discuter avec le responsable de ce Master qui pourra vous conseiller ou déconseiller ce choix.
  • ... ou une année inférieure ?
    Je déconseille pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il est peu probable que l'université vous accepte dans un niveau inférieur à votre qualification. Vous ne trouverez aucun intérêt personnel et professionnel dans le contenu des cours. Et si vous imaginez ne pas assister aux cours, le stage que l'on vous accordera ne sera pas de niveau M1 et donc décrédibilisera votre CV.
  •  Ai-je forcément besoin d'être inscrit en université pour avoir le droit de faire un stage ?
    Non. Pôle Emploi a déjà fourni des conventions dans des conditions très spécifiques. Il faut vous renseigner auprès d'eux. Vous pouvez aussi faire un stage sans convention, mais cela frise l'illégalité et vous ne pourrez le faire valoir lors du jury M2 par le biais d'une attestation. Vous pouvez autrement être embauché en tant qu'employé dans une institution en lien avec votre spécialité et votre population, mais ce ne sera pas en tant que psychologue, donc ce sera au rabais de ce que peut valoriser un stage M1 psychologie. Donc vous l'aurez compris, c'est principalement l'université qui est la mieux placée pour délivrer un stage bénéfique pour vos prochaines candidatures.
  •  Que me reste-t-il comme possibilités ?
    Il y en a d'autre c'est sûr et je ne les connais pas toutes. La solution la plus populaire dans votre cas est de choisir un Diplôme Universitaire, dit D.U
    . 
 Mais avant de choisir un D.U ou une institution pour un stage, il est obligatoire de s'assoir confortablement, de prendre une tasse de café, de mettre de la musique d'ambiance, et mettre votre cerveau en marche. Vous êtes en condition pour faire le point sur votre vie, sur votre vision de l'avenir, et pour vous mettre en phase avec votre projet professionnel.

J'ai pas eu de M2 : Episode 1

Catastrophe !! Le monde est prêt à s'écrouler sous mes pieds. Je n'apparais pas dans les listes d'admission du dernier Master 2 auquel j'ai candidaté. Que va-t-il se passer ensuite ?
C'est un moment difficile à vivre, et j'aimerais savoir pourquoi ? Tout d'abord, je pense immédiatement au fait que je n'aurai peut-être pas de seconde chance l'année prochaine pour intégrer un M2. J'ai peur qu'après tant de travail et de sacrifices donnés pour la psychologie, tout soit remis en question et n'aboutisse en fin de compte qu'à une réorientation en-deçà de mes ambitions. C'est un sentiment d'échec qui ébranle mon amour propre voire un sentiment de colère contre l'université, le système, même tous ceux qui sont "passés" (on ne sait pas vraiment comment n'est-ce pas ? ;-)). Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Il va falloir faire quelque chose de cette année qui s'annonce bien vide de projets. 

Si vous êtes dans ce cas, sachez que cet échec relatif n'est pas si négatif qu'il n'en parait a priori. Une année s'offre à vous pour vous étoffer, pour vous affuter, pour donner un sens plus concret à votre avenir, pour donner plus de sens à votre vie personnelle et intime. Vous trouvez sans doute cette affirmation bien optimiste et trop décalée de votre réalité, attristée par la nouvelle de non-admission. Ce que vous voulez c'est être psychologue en définitive, du coup ça ne vous avance pas beaucoup dans l'histoire tout ça... et pourtant.

Oui, vous partez d'un échec donc les choses ne sont pas roses en soi au début. Ce qui peut poindre sur le nez de l'étudiant ce sont les gros moments de blues, de la déprime voire de la dépression. Cela vient en grande partie de cette impression de vide qui envahit l'avenir (bien tracé depuis plusieurs années, auquel on s'est efforcé de croire malgré les incertitudes) et qui envahit peu à peu le quotidien. Difficile d'imaginer que des milliers d'étudiants vont faire leur rentrée et que soi-même on en a pas le droit, difficile de se motiver à remplir ses journées alors qu'on veut tout simplement être en cours, en toute quiétude, comme il en a été jusqu'à maintenant. Vous vivez en quelque sorte les affects du chômeur et cette situation est difficile à gérer pour tous. Alors que faire ? 1) Combler le vide 2) Combler le vide intelligemment
Premièrement, savoir s'entourer, ne pas se laisser tenter par l'isolement physique et relationnel. Votre famille, vos amis, vos camarades, peuvent venir vous voir plus fréquemment (mais pour cela il faut déjà que vous leurs ayez dit que vous en avez besoin). Leur présence est une chose qui ne résout rien pour votre avenir professionnel, mais, et c'est déjà beaucoup, elle vous donnera des forces pour établir et mettre en application votre stratégie pour l'année à venir. Dès la rentrée de septembre, le grand problème est le manque de rythme hebdomadaire. Il remplace brutalement les emplois du temps universitaires qui avaient l'avantage de bercer chaque trimestre. Si vos semaines ne sont pas programmées et sont dépourvues d'objectifs, ce peut être très dommageable pour le moral. Chaque soir, anticipez ce que vous avez à faire le lendemain. Chaque journée, fixez-vous un temps de travail effectif. Mais reste à savoir ce que peut être ce travail.

Il faut maintenant profiter de cette année pour qu'elle devienne, dans les faits et surtout pour vous, une valeur ajoutée à votre profil d'étudiant psycho futur professionnel et une source de satisfaction personnelle.

La solution la plus employée : ne pas tarder suite à l'annonce de non-admission à s'inscrire à une formation en psychologie ou explicitement complémentaire de votre cursus LMD. En effet, il faut avant tout vous dire que votre candidature a péché, quelque part, et il faut l'accepter même si vous vous y refusez encore, puis chercher d'où vient le problème. (Un appel téléphonique aux jurys de Master qui vous ont évincé de la course pourrait être une source de réponse bien appréciable, mais sachant bien que ces derniers sont légalement définis comme souverains et leurs décisions irrévocables. Cela vaut le coup d'essayer.)
Une fois que vous avez effectué cette recherche sur les lacunes de votre profil de candidat, il serait ensuite intéressant de mettre tout en œuvre pour les combler. Le prochain chapitre donnera une première piste : la recherche de nouveaux stages.

mardi 18 octobre 2011

Le jury de M2 : les enjeux du Mémoire de M1

Pour entrer en Master 2, vous devez constituer un dossier (État civil, Lettre de motivation avec description du projet professionnel, CV, résumé de TER, lettre d’appréciation, copies de tous les bulletins de note et diplômes Licence+M1). 
Plusieurs enseignants du département de psychologie se réunissent en jury pour étudier les dossiers qui leur parviennent par courrier, et ils ne retiendront qu'une petite quantité d'entre eux. 
Pour certaines facultés l'étape de sélection s'arrête là mais généralement les étudiants doivent passer une nouvelle épreuve : les heureux élus sont conviés dans un deuxième temps à passer un entretien avec deux membres du jury (ou plus). Voici mon point de vue concernant l'importance de la note de Mémoire pour l'entrée en M2.

Les critères de sélection de dossier tiennent compte de :
1) La note du TER (véritable filtre lors du recrutement)
2) La moyenne générale au M1 (voire aussi celle de la Licence, mais plus rare)
3) La cohérence du projet professionnel, Les notes aux différents stages, leur nombre
4) Les informations personnelles (passions, engagements, parcours) qui peuvent séduire / donner un plus.

La note au Mémoire de M1, ou TER, est donc déterminante pour qui veut devenir Psychologue via le parcours LMD classique.
Alors, quelle note faut-il pour avoir des chances de passer en M2 ? Il n'y a pas de barème universel mais la plupart des jurys semble avoir ce point de vue :
10-12 : note faible (peu de jurys, sauf cas très exceptionnels, acceptent ces résultats)
13 : note moyenne (la note la plus souvent attribuée, donc qui ne bénéficie pas du soutien de l'enseignant-correcteur, donc qui a peu de chances de séduire l'enseignant-recruteur)
14 : souvent la note minimale requise (cette note n'est pas pénalisante pour la plupart de vos candidatures)
15 : bonne note (bien vu par les jurys)
16 à 18 : notes brillantes (recherchées par les jurys)

Comment une seule petite note, portée sur une forme de travail inédite pour le Licencié, peut déterminer la survie d'un projet professionnel ? Une défaillance au TER serait donc rédhibitoire pour la suite, en dépit de l'implication et de la qualité du travail de l'étudiant les précédentes années ? Difficile à accepter à priori. Pourtant il semble que ce soit en premier lieu la logique mathématique qui soit retenue par les jurys pour faire leur choix. Comme la sélection qu'ils doivent opérer est drastique (plusieurs centaines de dossier pour une vingtaine de places), et que les dossiers se valent tous un peu quand même (chacun a ses propres qualités) il est plus rapide et moins pesant sur la conscience d'évincer la plus grande part des dossiers sur un critère "objectif". Enfin ce n'est que mon avis personnel, je n'ai jamais interrogé de membres de jurys à ce sujet. Une faculté parisienne écarte de façon systématique et informatisée tout dossier dont la note de mémoire est en dessous de 14. Cela a au moins le mérite d'être clair.

jeudi 6 octobre 2011

Psychologie du mal et mal de la psychologie

Un peu de romance pour commencer.
L'histoire commence lorsque, sur la Terre du Milieu, le magicien Gandalf le Gris découvre que l'anneau que possède le jeune Hobbit Frodon Sacquet, qui lui a été légué par son oncle Bilbon et qui lui permet de se rendre invisible, est en réalité l'Anneau unique recherché avidement par le seigneur ténébreux Sauron car il lui permettrait de recouvrer toute sa puissance. Afin d'éviter que Sauron ne récupère l'anneau, Frodon et ses huit compagnons, la Communauté de l'anneau, entament un périlleux voyage dans le but de le détruire. (http://fr.wikipedia.org)

Curieusement, l'histoire du seigneur des anneaux me fait penser à la relation entre le psychologue et la psychologie. Pardonnez-moi ce parallèle un peu grossier.

Le monde de la psychologie en France est entouré d'une mythologie et d'un dogme obscurs. Il flotte une atmosphère malsaine autour de l'objet psy, objet mystérieux et phallique, objet source de convoitise, de conflits, de trahisons, chacun cherchant à se l'accaparer au nom d'une théorie ou d'un courant de pensée unique. L'objet psychologie reste encore ancré dans l'imaginaire des gens comme un symbole du pouvoir et de la Connaissance.
Si par chance, vous, jeune Hobbit, touchez cet objet, vous commencerez à vous en servir pour le bien de l'autre, animé d'altruisme et autres sentiments humanistes. Il s'agira de faire preuve d'empathie mais toujours sous couvert d'une prise de recul suffisante afin de ne pas être dangereux pour la subjectivité de l'autre. C'est cela que vous a enseigné le Grand Maitre Gandalf. Puis, l'objet vous fouille en profondeur, il cherche en vous vos failles et vos aspirations les moins nobles. Les temps se noircissent et l'objet se pervertit. La prise de recul par rapport à l'autre se transforme progressivement, au fil du temps, en une prise de hauteur et une volonté de pouvoir sur l'autre. L'objet pourra être alors utilisé pour manipuler, pour discriminer, pour catégoriser, pour servir des projets mercantiles ou politiques. On comprend en fin d'histoire, que cet objet n'est ni plus ni moins que l'équivalent de notre Humanité avec toute l'ambivalence de bien et de mal qu'elle comporte.
Toujours poussés et effrayés par la peur de la castration, porter l'anneau psychologie, aux inscriptions très intellectuelles et bien-pensantes, nous permettrait de manière détournée de retrouver enfin notre illusion de toute-puissance, celle que nous avons malheureusement perdue petit enfant.

Revenons sur terre avec des mots plus simples. La psychologie est une discipline qui peut rapidement se greffer à votre vie et l'envahir, qui plus est quand vous vous intéressez à la clinique et la psychopathologie. Son objet d'étude étant l'homme et non pas quelque chose de matériel et bien défini, on se perd souvent dans des questions du type : pourquoi la psychologie ? Pour quoi la psychologie ? Pour qui la psychologie ? Pour eux ? Pour moi ?

La psychologie envahit, mais aussi écrase. L'étudiant qui, en plus de ses problématiques personnelles très actives à gérer, subit de plein fouet la pression universitaire (sélection, compétition, performance, dévalorisations), peut très rapidement étouffer et se perdre lui-même. C'est selon moi une raison de nombreux abandons en cours de cursus.
Combien de fois me suis-je fait surprendre à ne pas fermer psychiquement les portes de mon bureau et à ramener chez moi le soir les problématiques et les questionnements de mon travail ? Quand s'arrête donc cette activité cérébrale de vouloir toujours tout comprendre ? Ces questions sont transversales aux registres du travail et de l'intime... qu'il est souvent difficile de séparer les deux ! Cette séparation, il nous faut nous l'imposer car cela n'est écrit ni enseigné nul part. Prenez du temps pour vous, inscrivez-vous au sport, à la musique, à la danse, vivez vos autres passions pleinement, entourez-vous d'étudiants et amis suivant d'autres disciplines (votre bol d'air frais), impliquez vous dans une association autre qu'altruiste, etc. Dans tous les cas, vous avez forcément du temps de libre, utilisez-le à bon escient.


lundi 3 octobre 2011

Le manque de lien université / milieu professionnel

C'est sans doute un symptôme répandu dans tout le champ des sciences humaines. L'université n'est pas concrètement un pont vers l'emploi. Cette fonction n'est remplie qu'au moment du Master 2 et il me semble que c'est bien trop tard ! Certaines formations recommandent de faire des stages dès la deuxième année mais pourquoi n'est-ce pas comme cela partout ailleurs ?
Le métier de psychologue est un métier de contact, de rencontre, d'échange, et la formation classique en psychologie illustre tout l'inverse par des enseignements toujours formels, magistraux et internes. On constate encore trop peu d'intervenants extérieurs en cursus Licence (psychologues, directeurs de centres, recruteurs, etc.), ceux-mêmes qui pourraient tant apporter à un étudiant en termes de motivation, de connaissance du métier et de ses réalités. Une plus grande ouverture vers l'extérieur permettrait de limiter les erreurs de parcours.
Dans la même idée, pourquoi souvent aucune information sur l'actualité de la discipline n'est diffusée dans les facultés ? Je pense aux innombrables colloques en psychologie proposant aux étudiants des débats / échanges / enseignements avec des professionnels de haute qualité, tout cela à des tarifs abordables à moitié prix.

Petit conseil : dès votre inscription en L1, abonnez-vous à un magazine spécialisé en psychologie pour rester à la page et ne pas vous reclure dans le monde factice de l'université. En exemple parmi tant d'autres : le Journal des Psychologues, qui tient chaque mois un agenda des colloques en France et à l'étranger.

Lien complémentaire : Les Entretiens Francophones de la Psychologie (Paris)

Garder la motivation

Garder la motivation, car les occasions de découragement ont été nombreuses pendant mon cursus.

Il faut dire tout haut que l'université ne choie pas ses petits, encore moins ne les soutient quand ils éprouvent des difficultés. Sa position est ambigüe. Elle a besoin d'un maximum d'inscriptions pour faire le plein d'argent - c'est l'appât du gain - mais elle attend le dernier moment (avant la dernière année) pour se mettre en cohérence avec les réalités du marché de l'emploi : il y a bien trop d'étudiants titulaires d'un Master 1 en fonction des perspectives d'embauches en France.

Cette triste avarice dessert l'avenir de beaucoup de jeunes. Subissant du coup l'énorme écrémage des sélections en Master 2, nombreux sont ceux contraints à mettre fin à leur projet de psycho, à leurs années d'étude et d'efforts, malgré un 12, 13, 14 ou voire même 15 de moyenne générale en Master 1 ! Par son silence au fil des années, l'université laisse implicitement croire aux individus qu'ils ont des chances de devenir psychologue, puis elle n'a aucun remord à en évincer la majeure partie, sans seconde chance et sans perspective professionnelle. Car en effet, la plupart des jurys ne donne pas l'occasion à celui qui a connu un échec de représenter sa candidature l'année suivante. De plus, même après 4 années validées en psychologie, les connaissances accumulées ne sont pas valorisables dans le marché de l'emploi actuel. Quel gâchis !

Il y a des facs où le système est encore plus pervers. Par exemple, à l'université d'Angers le parti pris est de favoriser les candidatures de l'extérieur pour l'intégration en Master 2, cela en défaveur de celles des étudiants formés chez eux ! Une hérésie soutenue par des motifs d'élitisme. D'un cynisme insupportable, le sourire en coin, le responsable du Master avertira ses étudiants : "Postulez partout en France car vous n'avez presque aucune chance de rentrer dans notre Master. Il est national, donc on prendra les meilleurs." Seulement, ailleurs, les facs ont le raisonnement inverse...
Préconisation n°2 du Rapport HETZEL (2006) : Informer les étudiants des taux de succès dans la formation qu’ils choisissent (taux de réussite sur 3 ans).
Dès la prochaine campagne d’inscriptions en juillet 2007, les universités auront l’obligation légale de faire figurer cette information sur le dossier d’inscription de l’étudiant. En effet, il est essentiel que les étudiants soient mieux informés sur les taux de succès dans les formations car cela sera de nature à leur permettre de choisir en toute connaissance de cause. Il est important que les universités intègrent le droit à l’information et à la transparence de leurs futurs étudiants.
[Note : je n'ai jamais vu ça nul part !!]
Le principe de l'université est : tout le monde peut s'inscrire dans ce qu'il veut. Très bien. Mais si 600 étudiants s'inscrivent en première année de psychologie alors que l'université sait pertinemment qu'elle n'en sacrera que 20 d'entre eux, pourquoi ne pas sélectionner drastiquement chaque année dès la L1 ? Le parcours psychologie sera sans doute plus difficile dans la durée mais les cartes seront sur table dès le début et les sélections plus justes car appliquées sur les capacités démontrées par l'individu.
Je dis "plus justes" car la sélection actuelle qu'opère les jurys M2 reste particulièrement obscure. Question : comment peut-on sélectionner 20 personnes sur plus de 400 candidatures de jeunes super motivés dotés de bonnes notes ?
Réponse 1 : à la tête (je favorise la petite qui me plait ou le fils de machin)
Réponse 2 : élimination mathématique (système de seuils ou sélection sur la note du mémoire, non représentative d'un travail universitaire continu d'au moins quatre ans)
Réponse 3 : retourner le stress, pourtant légitime, des candidats contre eux (pourtant gérer son stress c'est le travail de toute une vie)
Réponse 4 : de manière honnête (bon courage car c'est presque impossible)

Sachant tout cela, si vous voulez réussir il faut vous armer en vous informant. Ne vous démotivez pas car la démotivation est souvent le fruit d'un long et insidieux travail de sape opéré par l'université et les enseignants-chercheurs frustrés ou pervers. S'aidant copieusement de leur statut, il est facile pour eux de blesser le narcissisme d'un étudiant qui n'est pas encore un professionnel : jugements de valeur, critiques acerbes, intimidation ou indifférence, etc. Ne vous laissez pas avoir par ce jeu, vous travaillez pour vous et non pour eux, vous êtes unique, vous avez forcément de la valeur et l'être humain n'est pas une machine, il doute pour se construire et grandir.

Lien complémentaire : http://www.letudiant.fr/etudes/fac/la-verite-sur-15-filieres-14088/psycho-40-dabandons-17220.html